Après les attentats de Paris, les trois erreurs à ne pas commettre

La France a subi les pires attentats de son histoire moderne et elle semble déterminée à réagir afin de faire payer les coupables et de les empêcher d’agir à nouveau. De nobles intentions mais qui risquent de ne jamais être réalisées si la France, et le monde occidental dans son ensemble, ne comprend pas certaines vérités.

On ne peut pas combattre son ennemi si on ne l’a pas identifié. Or une grande partie des autorités, à l’exception de Manuel Valls semble-t-il, affirme que la France est en guerre avec « le terrorisme ». Il ne faut surtout pas faire d’amalgame, les terroristes n’ont rien à voir avec l’Islam, qui est comme chacun sait une « religion de paix », et les musulmans sont les premières victimes de Daesh, Al Qaeda et consorts.

C’est évidemment complètement absurde. L’ennemi c’est l’Islam fondamentaliste. Même pas Daesh, qui sera surement vaincu assez vite, mais n’est qu’une manifestation parmi d’autres de l’hydre islamiste. On peut débattre s’il s’agit d’une lecture erronée ou non des textes musulmans, mais cela reste une version authentique de l’Islam.

Ce refus politiquement correct de nommer les choses, pour ne pas heurter les populations musulmanes « modérées », est, dans le meilleur des cas, contre-productif. Les musulmans modérés devraient être les premiers à se révolter contre les fondamentalistes, les premiers à descendre dans la rue pour dire qu’ils n’ont rien à voir avec ces fous. On ne peut pas dire qu’on soit submergé de manifestations de ce type.

Par contre, à dépeindre les musulmans comme des victimes, même quand ils tuent les autres, on ne les encourage guère à mener le nécessaire examen de conscience préalable à la délégitimisation complète des terroristes au sein de cette population. Le discours ambiant dans une grande partie de  la population musulmane est du type « ces actes n’ont rien à voir avec l’Islam, mais… ». Le rejet du terrorisme n’est qu’un discours de façade, une nécessité sociale pour pouvoir s’exprimer, mais pas une véritable conviction.

La deuxième erreur à ne pas commettre est de se tromper de cible. Le 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont été frappés par un commando composé essentiellement de Saoudiens, dans un complot entièrement organisé et financé par la haute direction d’Al Qaeda en Afghanistan. L’invasion de ce pays était donc logique et nécessaire pour mettre fin à la menace.

Depuis 2012, la France a été frappée par plusieurs attaques commises par des citoyens français, et souvent de leur propre initiative ou avec un fort degré d’autonomie, le rôle de la direction d’Al Qaeda ou de Daesh étant assez limité. L’ennemi n’est pas seulement en Syrie, il est aussi et avant tout sur le territoire français, fondu au sein de la population française. Plutôt que de bombarder Raka, la capitale de l’Etat islamique, il serait plus cohérent de bombarder le 93. La véritable guerre va se mener en France et pas à des milliers de kilomètres, et contre des citoyens français. Parler de guerre civile serait excessif mais cela en prend quelques aspects.

Enfin, et ça sera sans doute le plus dur à accepter, la troisième erreur à ne pas commettre est de refuser d’accepter que les islamistes n’ont pas entièrement tort sur tout dans leur critique de la société occidentale. Comme on disait du FN dans le passé, ce sont de mauvaises réponses apportées à de bonnes questions. Le vide spirituel total qui a envahi les pays riches contribue fortement au succès des groupes islamistes, comme il contribue au succès de toutes les sectes qui prospèrent en France et ailleurs.

Les bobos qui réduisent de façon infantile la culture française à « baiser, manger et faire la fête », croyant surement que leur mode de vie terrifie les islamistes, ne font que jouer le jeu de leurs ennemis en se présentant eux-mêmes comme des caricatures pitoyables. Il y a plus à la vie que de remplir machinalement des fonctions animales naturelles et c’est parce que la culture occidentale, pourtant fondée par le christianisme mais devenue hostile à l’idée même du religieux, est incapable d’apporter un minimum de sens à la vie des gens que certains préfèrent se tourner vers ceux qui leur apportent des réponses, aussi monstrueuses soient-elles. On a ridiculisé les religions, nazifié l’idée nationale, et il ne reste plus rien qui donne du sens à la vie.

Ce néant spirituel nourrit les ennemis de l’Occident et précipite son propre effondrement, exprimé par sa démographie catastrophique, unique dans l’histoire de l’humanité. Le refus de faire des enfants est le signe d’une perte de confiance en l’avenir et d’une absence de volonté de perpétuer sa nation et sa culture. Les occidentaux aiment leur mode de vie, mais sont-ils réellement prêts à mourir pour le défendre ? C’est la contradiction ultime de la société progressiste matérialiste, dont le succès mène inéluctablement à son propre suicide.

Il se peut que le sursaut islamiste ne soit qu’un dur moment à passer et que les pays occidentaux finissent pas emporter avec eux les pays musulmans dans leur néant spirituel. Mais même les plus optimistes pensent que ce « moment » durera la majeure partie du 21ème siècle. Et il est plus probable que l’occident ne survivra pas longtemps à cette plongée dans le vide. Il n’y aura pas d’alternative autre qu’un profond réveil spirituel. Et sans doute est-ce le rôle d’Israel que de montrer la voie.

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