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Le Suicide français de Zemmour

J’ai fini par lire le fameux livre d’Eric Zemmour. On m’avait promis un pavé illisible, c’était au contraire un livre qui se lit facilement et rapidement. J’ai déjà expliqué ce que je pensais de l’auteur dans un article précédent. Le livre ne révèle pas de surprises quand à la pensée de l’auteur si ce n’est qu’elle est systématisée et appliquée à tous les évènements des 40 dernières années. Systématisée mais pas forcément complètement cohérente.

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Analyse pré-élections: les Français d’Israël et la présidentielle

Même si je n’ai pas l’intention de voter comme je l’ai expliqué dans mon post précèdent, 5 jours avant les élections il est intéressant d’analyser le vote des Franco-Israéliens et ses particularités.

Quelques faits d’abord :

En 2002, il y avait environ 15,000 électeurs inscrits en Israel (Jérusalem comprise même si la France, scandaleusement, compte le consulat séparément). Environ 2,000-2,500 personnes ont voté à chacun des deux tours – soit un taux de l’ordre de 15%. Alors que, comme chacun se souvient, Chirac et Le Pen étaient arrivés en tête, ces deux candidats avaient à peine recueillis chacun 5% des voix en Israel, tandis que Jospin et Madelin arrivaient largement devant avec environ 35-40% chacun. Bayrou était loin derrière à la 3ème place.

En 2007, le nombre d’électeurs inscrits était passe à 42,000. 20% ont participé et ont donné 85% des voix à Sarkozy au premier tour et plus de 90% au second.

En 2012, il y aurait environ 62,000 électeurs inscrits et il est difficile de prévoir quel sera le taux de participation et à qui seront données ces voix.

Néanmoins, trois caractéristiques particulières du vote franco-israélien sautent aux yeux:

–          Le nombre d’électeurs augmente fortement d’élections en élections.

–          Le taux de participation est particulièrement faible, probablement le plus bas enregistré aux présidentielles dans toutes les circonscriptions.

–          Les Franco-Israéliens votent de façon radicalement différente des autres Français.

L’augmentation du nombre d’électeurs n’est pas limite a Israel. Le nombre d’électeurs français à l’étranger a effectivement beaucoup augmenté depuis 10 ans, passant de 385,000 en 2002 à plus d’un million en 2012. Cette hausse est due aussi bien à l’augmentation générale du nombre de Français expatries (évalués à près de 2,5 millions en tout, et en hausse de 3% par an) que celle du nombre de ceux qui choisissent de s’inscrire aux représentations françaises. Ceci est peut-être dû à un changement de politique administrative. Ainsi, vivant en Israel depuis 1996, je ne me suis inscrit qu’en 2007, forcé par le consulat de Tel Aviv au moment de renouveler mon passeport. La fois précédente, en 2003, mon passeport m’avait été renouvelé sans obligation de m’inscrire.

La hausse en Israel a été encore plus spectaculaire que dans le reste du monde, et c’est évidemment une conséquence de la vague d’aliyah des années 2000, plus de 20,000 personnes, auxquelles il faut rajouter tous ceux, de nombre inconnu, qui vivent en Israel sans avoir pris la citoyenneté locale, ainsi que les enfants nés sur place – et les Français d’Israel ont une forte natalité.

Une énigme cependant pour l’année 2011 : alors que le nombre d’inscrits en Israel augmente régulièrement et que, dans le monde entier l’année 2011 a vu un bond important des inscrits en vue des élections de 2012 (6% contre 3% habituellement), le nombre d’inscrits en Israel a baissé de 0,2%. Difficile d’expliquer cette baisse.

Le taux de participation particulièrement bas est lui aussi spécifiquement israélien. Certes, le taux de participation des Français expatriés est nettement plus bas que la moyenne – 44% lors des derniers élections. Mais Israel conjugue des conditions particulièrement néfastes au vote :

–          En Israel, on travaille le dimanche. Le jour des élections est donc un jour ouvrable qui laisse peu de temps pour se déplacer au bureau de vote.

–          D’autant plus que le nombre de bureaux de vote était particulièrement bas. Même avec 20% de participation seulement, il fallait résister à plus de 4 heures de queue en 2007 pour voter. Ce problème est commun à tous les pays mais particulièrement extrême en Israel. Apparemment, un effort important a été mené pour les élections de 2012 et le nombre de bureaux de vote a été considérablement renforcé – sans compter la possibilité de voter par internet pour les législatives de juin.

–          Mais plus important encore : les Franco-Israéliens ne sont pas des expatriés mais des citoyens de leur pays. Alors que seuls 42% des Français de l’étranger disposent d’une autre citoyenneté, ce chiffre dépasse probablement les 90% en Israel. D’après des estimations du consulat de Tel Aviv, la moitié des près de 150,000 Français d’Israel sont nés sur place. Beaucoup ne parlent pas Français et évidemment ne portent pas le moindre intérêt aux élections françaises.

Aussi il est probable que le taux de participation aux présidentielles en 2012 reste faible. Surtout que si Sarkozy en 2007 avait réussi à créer un élan certain dans la population juive de France en général et parmi les Franco-Israéliens en particulier, il est clair que c’est l’indifférence qui semble dominer cette fois-ci. Si les gens viennent voter pour Sarkozy, cela sera avant tout parce que les autres candidats sont largement pires que lui. Une fois encore, les Franco-Israéliens devraient voter de façon radicalement différente des Français de France. Ni Mélenchon, ni Le Pen, ni la farandole des petits candidats extrémistes ne devraient recevoir un nombre significatif de voix. On se dit des fois que si seuls les Franco-Israéliens votaient, la France se porterait nettement mieux.

Update: cet article a été publié sur JSS News.

Elections piège à cons

Je n’avais pas l’intention a priori de commenter les élections présidentielles françaises. Depuis mon aliyah en 1996, j’ai pour règle de ne pas voter aux élections françaises puisque je n’habite pas en France et que je ne suis pas un expatrié mais un Israélien vivant dans son pays. Néanmoins j’ai déjà enfreint ma propre règle en 2007. J’étais par hasard à Paris le jour du second tour, et j’avoue avoir été séduit par la campagne de Sarkozy. J’ai donc voté pour lui. Je me suis fait avoir évidemment. Il s’est révélé, sur tous les plans, une immense déception. Au moins cette fois-ci, en 2012, une chose est sure – personne ne se fera avoir, parce qu’aucun candidat ne suscite le moindre espoir.

On critique beaucoup la politique israélienne, et à juste titre. Pourtant, quand je vois le choix offert aux électeurs français en ce mois d’avril 2012, je me sens chanceux. 10 candidats tous plus nuls, incompétents, ahurissants, et extrémistes les uns que les autres. C’est un vraie inventaire à la Prevert: toute une gamme de trotskistes abrutis, une ancienne juge psychorigide aux tendance dictatoriales qui défend une idéologie ridicule, un stalinien pur jus comme on en voit plus depuis les années 50, gout du totalitarisme compris, un partisan folklorique des théories de conspirations, un gaulliste lui aussi sorti des années 50 – très tendances cette année on dirait -, une petite fachote néo-marxisante, un ancien ministre sans charisme ni rien à dire mais un égo surdimensionné et qui ne sort de son placard que tous les 5 ans pour se présenter, un socialiste mou sans idées, compétences, ni rien à dire, et un président sortant qui croit qu’il travaille dans le showbiz et n’agit que quand quelque chose passe dans le journal de 20h de TF1. Non seulement les candidats sont pathétiques, mais la campagne elle-même a réussi l’exploit de ne parler de rien. En pleine crise européenne majeure, et sans parler des événements mondiaux, alors que la France pourrait s’effondrer économiquement, les candidats préfèrent faire comme si de rien n’était et éviter les sujets qui fâchent, c’est à dire, la réalité. Avec une telle equipe de winners, l’avenir de la France est assuré.

Selon divers sondages publiés ces dernières années, la France est le pays du monde le plus hostile au capitalisme, le seul pratiquement où la majorité pense que la globalisation est une menace et pas une opportunité, le pays occidental où les gens sont le plus déprimés et inquiets pour l’avenir. Le célèbre journal « The Economist » a d’ailleurs noté récemment dans un article qui a fait beaucoup de bruit que la France était le seul pays européen qui semblait refuser de voir la réalité en face. Tout ceci n’est pas un hasard. La France, ces dernières décennies, a développé l’idéologie de l’Etat nounou jusqu’a un raffinement inconnu auparavant. L’obsession centralisatrice et régulatrice de ce pays n’est pas nouvelle mais sa conjonction avec l’Etat providence fut dévastatrice. Les Français trouvent normal que l’Etat se mêle de tout, leur dise quoi faire tout le temps, taxe tout ce qui bouge, intervienne dans tous les domaines. L’idee que les gens sont libres et responsables de leurs actes et que le rôle de l’Etat doit être limité au minimum leur semble tellement incongrue qu’elle leur apparait comme l’expression la plus extrémiste qui soit. Mieux vaut être fasciste en France que libéral. C’est mieux accepté socialement.

L’ideologie étatiste qui domine en France a infantilisé les citoyens. Elle a aussi fini par produire une génération de politiciens réellement médiocres qui ont fini par croire aux imbécillités qu’ils racontaient. Les Français n’ont pas fini de se lamenter et d’être pessimistes. Et ils auront raison cette fois.