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Quel système électoral pour Israël ?

Article paru dans The Times of Israel français

Tout le monde est d’accord : le système électoral en Israël est intenable et empêche toute forme sérieuse de gouvernance.

Il est vrai qu’il permet l’expression pleine et entière de tous les courants qui composent la société, néanmoins, comme nous avons pu le voir récemment, il ne permet pas d’arriver à dégager une majorité claire qui permette de gouverner et impose la constitution de coalitions hétérogènes, dont les éléments ont parfois des intérêts et des politiques divergents. Il donne un pouvoir hors de proportions aux petits et moyens partis, en particulier les partis dits « sectoriels » ou communautaristes, dont les demandes sont perçues, à tort ou à raison, par la majorité de la population comme une forme d’extortion.

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Le Suicide français de Zemmour

J’ai fini par lire le fameux livre d’Eric Zemmour. On m’avait promis un pavé illisible, c’était au contraire un livre qui se lit facilement et rapidement. J’ai déjà expliqué ce que je pensais de l’auteur dans un article précédent. Le livre ne révèle pas de surprises quand à la pensée de l’auteur si ce n’est qu’elle est systématisée et appliquée à tous les évènements des 40 dernières années. Systématisée mais pas forcément complètement cohérente.

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Pourquoi la gauche ne pourra plus jamais gagner les élections

Article publié dans The Times of Israel en français

A croire la presse, le combat pour la victoire aux prochaines élections du 17 mars en Israel est serré, et l’issue incertaine.

Un jour les sondages donnent l’avantage au « camps sioniste » de Herzog et Livni, cette semaine c’est le Likoud qui a repris la main. Pourtant, ce n’est qu’une illusion d’optique.

Sauf renversements d’alliances et trahisons dignes de Game of Thrones, Binyamin Netanyahu est assuré de rester au pouvoir le 17 mars et lui ou son successeur à la tête de la droite aussi pour de nombreuses années, voire, à tout jamais.

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La première chose à faire après votre Aliyah

Article publié dans The Times of Israel en français

Mon article précédent a généré de nombreux et souvent très intéressants commentaires, sur Times of Israel comme sur Facebook ou même lors de discussions face à face. Certains ont souhaité nuancé des points que j’avançais, d’autres souligner des choses dont j’aurais pu parler.

Il y a cependant quelque chose que je n’ai pas évoqué et qui, sans être nécessaire à la réussite de l’intégration, est à mon avis vital aussi bien pour les olim que pour l’ensemble du pays – je veux parler de la nécessité d’adhérer à un parti.

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Analyse pré-élections: les Français d’Israël et la présidentielle

Même si je n’ai pas l’intention de voter comme je l’ai expliqué dans mon post précèdent, 5 jours avant les élections il est intéressant d’analyser le vote des Franco-Israéliens et ses particularités.

Quelques faits d’abord :

En 2002, il y avait environ 15,000 électeurs inscrits en Israel (Jérusalem comprise même si la France, scandaleusement, compte le consulat séparément). Environ 2,000-2,500 personnes ont voté à chacun des deux tours – soit un taux de l’ordre de 15%. Alors que, comme chacun se souvient, Chirac et Le Pen étaient arrivés en tête, ces deux candidats avaient à peine recueillis chacun 5% des voix en Israel, tandis que Jospin et Madelin arrivaient largement devant avec environ 35-40% chacun. Bayrou était loin derrière à la 3ème place.

En 2007, le nombre d’électeurs inscrits était passe à 42,000. 20% ont participé et ont donné 85% des voix à Sarkozy au premier tour et plus de 90% au second.

En 2012, il y aurait environ 62,000 électeurs inscrits et il est difficile de prévoir quel sera le taux de participation et à qui seront données ces voix.

Néanmoins, trois caractéristiques particulières du vote franco-israélien sautent aux yeux:

–          Le nombre d’électeurs augmente fortement d’élections en élections.

–          Le taux de participation est particulièrement faible, probablement le plus bas enregistré aux présidentielles dans toutes les circonscriptions.

–          Les Franco-Israéliens votent de façon radicalement différente des autres Français.

L’augmentation du nombre d’électeurs n’est pas limite a Israel. Le nombre d’électeurs français à l’étranger a effectivement beaucoup augmenté depuis 10 ans, passant de 385,000 en 2002 à plus d’un million en 2012. Cette hausse est due aussi bien à l’augmentation générale du nombre de Français expatries (évalués à près de 2,5 millions en tout, et en hausse de 3% par an) que celle du nombre de ceux qui choisissent de s’inscrire aux représentations françaises. Ceci est peut-être dû à un changement de politique administrative. Ainsi, vivant en Israel depuis 1996, je ne me suis inscrit qu’en 2007, forcé par le consulat de Tel Aviv au moment de renouveler mon passeport. La fois précédente, en 2003, mon passeport m’avait été renouvelé sans obligation de m’inscrire.

La hausse en Israel a été encore plus spectaculaire que dans le reste du monde, et c’est évidemment une conséquence de la vague d’aliyah des années 2000, plus de 20,000 personnes, auxquelles il faut rajouter tous ceux, de nombre inconnu, qui vivent en Israel sans avoir pris la citoyenneté locale, ainsi que les enfants nés sur place – et les Français d’Israel ont une forte natalité.

Une énigme cependant pour l’année 2011 : alors que le nombre d’inscrits en Israel augmente régulièrement et que, dans le monde entier l’année 2011 a vu un bond important des inscrits en vue des élections de 2012 (6% contre 3% habituellement), le nombre d’inscrits en Israel a baissé de 0,2%. Difficile d’expliquer cette baisse.

Le taux de participation particulièrement bas est lui aussi spécifiquement israélien. Certes, le taux de participation des Français expatriés est nettement plus bas que la moyenne – 44% lors des derniers élections. Mais Israel conjugue des conditions particulièrement néfastes au vote :

–          En Israel, on travaille le dimanche. Le jour des élections est donc un jour ouvrable qui laisse peu de temps pour se déplacer au bureau de vote.

–          D’autant plus que le nombre de bureaux de vote était particulièrement bas. Même avec 20% de participation seulement, il fallait résister à plus de 4 heures de queue en 2007 pour voter. Ce problème est commun à tous les pays mais particulièrement extrême en Israel. Apparemment, un effort important a été mené pour les élections de 2012 et le nombre de bureaux de vote a été considérablement renforcé – sans compter la possibilité de voter par internet pour les législatives de juin.

–          Mais plus important encore : les Franco-Israéliens ne sont pas des expatriés mais des citoyens de leur pays. Alors que seuls 42% des Français de l’étranger disposent d’une autre citoyenneté, ce chiffre dépasse probablement les 90% en Israel. D’après des estimations du consulat de Tel Aviv, la moitié des près de 150,000 Français d’Israel sont nés sur place. Beaucoup ne parlent pas Français et évidemment ne portent pas le moindre intérêt aux élections françaises.

Aussi il est probable que le taux de participation aux présidentielles en 2012 reste faible. Surtout que si Sarkozy en 2007 avait réussi à créer un élan certain dans la population juive de France en général et parmi les Franco-Israéliens en particulier, il est clair que c’est l’indifférence qui semble dominer cette fois-ci. Si les gens viennent voter pour Sarkozy, cela sera avant tout parce que les autres candidats sont largement pires que lui. Une fois encore, les Franco-Israéliens devraient voter de façon radicalement différente des Français de France. Ni Mélenchon, ni Le Pen, ni la farandole des petits candidats extrémistes ne devraient recevoir un nombre significatif de voix. On se dit des fois que si seuls les Franco-Israéliens votaient, la France se porterait nettement mieux.

Update: cet article a été publié sur JSS News.