crucifixion

Jesus II – le retour

Hanoukka est sur le point de commencer et cette année la fête sera couplée à Noël, qui célèbre la naissance de Jésus, et se terminera avec sa circoncision le jour de l’an. Sauf que je me pose une question depuis quelques temps: Jésus a-t-il existé ? J’ai déjà discuté de ce sujet dans deux articles précédents mais j’ai depuis approfondi la question.

Voilà une interrogation apparemment ridicule. L’existence de Jésus est considérée comme établie par la quasi-totalité des historiens et des spécialistes de la question. Comme le rappelait le dossier récent du Point sur lui: « Deux mille ans plus tard, nous disposons à son sujet d’une documentation d’une richesse rare pour un homme de l’Antiquité, et la recherche historiographique qui s’est développée depuis le XVIIIe siècle nous aide à mieux cerner sa biographie et sa personnalité. »

C’est d’ailleurs un des arguments massue souvent utilisé contre ceux qui nient que le messie des chrétiens a existé: nous savons plus de choses sur lui que sur Vercingétorix ou Alexandre le Grand. Et s’il n’a pas existé alors rien ne prouve que ces derniers aussi. Et pourtant personne n’a jamais nié leur existence.

Sauf que – c’est complètement faux. Nous n’avons absolument pas plus, ni même autant, d’informations et de sources historiques de première main sur Alexandre, Vercingétorix ou n’importe quel autre personnage connu de l’Antiquité. Parce que concernant Jésus, nous n’avons strictement rien. Rien du tout. Aucune source hors les Evangiles écrits au minimum 50 ans après sa mort supposée (voire beaucoup plus).

La thèse qui rejette l’existence de Jésus, dite « mythiciste », a été avancée depuis plus de 200 ans sous diverses formes. Elle a connu son plus grand succès au début du 20ème siècle avant d’être, apparemment, réfutée de façon quasi-définitive. Et depuis plusieurs décennies, cette thèse semblait appartenir au même monde que les théories de conspiration ou les théories sur les extra-terrestres qui ont construit les pyramides, celui de la pseudo-science farfelue et paranoïaque, très loin du monde académique. Pourtant elle revient en force ces dernières années, pas seulement portée par des chercheurs autodidactes illuminés mais de plus en plus, par des gens dotés de vrais cursus universitaires. Néanmoins le consensus académique sur le sujet reste favorable à l’idée que Jésus a bien existé, même si nous ne savons pas grand chose de sa vie réelle.

J’ai étudié le sujet sans a priori, lisant de nombreux articles et livres, allant des thèses les plus absurdes (le christianisme est un complot de l’élite romaine) à l’orthodoxie chrétienne. Que Jésus a existé ou non ne change rien à ma vie. S’il a existé il était un prophète illuminé parmi les très nombreux qui encombraient la Judée à l’époque, sauf qu’il aura eu, post-mortem, plus de succès, sans doute par hasard. S’il n’a pas existé, les choses deviennent un peu plus intéressantes parce qu’il faut alors expliquer comment et pourquoi il a été inventé et comment est né le christianisme.

Les deux principaux ouvrages sur lesquels je vais m’appuyer ici sont « Did Jesus Exist » du professeur Bart Ehrman, un des plus grands spécialistes mondiaux de la question, et qui répond par l’affirmative – bien qu’il ne croit pas du tout au Jésus des Evangiles – et « On the Historicity of Jesus » de Richard Carrier, un docteur en histoire et militant athéiste, qui, après l’avoir réfutée est aujourd’hui la figure de proue de la thèse mythiciste. Et je dois dire immédiatement plusieurs choses: d’abord il est absolument impossible en l’état actuel des connaissances de déterminer de façon affirmée qui a raison. Une grande partie des opinions est le résultat de pure spéculation, elle-même colorée par les a priori idéologiques de leurs auteurs. Néanmoins je dois dire d’emblée que la thèse mythiciste minimale développée par Carrier est beaucoup plus convaincante que les arguments assez légers de Ehrman (qui a écrit avant mais répond directement à certains arguments de Carrier avec qui il a eu plusieurs discussions dans les médias).

Comment donc une thèse qui semblait avoir été complètement vaincue il y a un siècle peut-elle ressurgir aujourd’hui ? En fait, la thèse mythiciste n’avait pas été proprement réfutée à l’époque mais seulement certaines versions effectivement peu sérieuses qui ne voyaient de façon simpliste dans le christianisme qu’une religion à mystère paienne et ignoraient complètement les aspects proprement juifs de sa théologie. Dans l’ombre de l’histoire officielle, les mythicistes ont continué à travailler et à avancer leurs propres recherches, et émergent aujourd’hui avec de nouveaux arguments beaucoup plus difficiles à attaquer.

Commençons par le commencement: d’abord pourquoi douter que Jésus a existé ?

Comme je l’ai dit au début, il n’existe aucune source contemporaine de Jésus qui évoque son existence. L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence, c’est certain. Néanmoins, la Judée de l’époque n’était pas un coin paumé au fin fond de l’Empire romain mais une province qui intéressait de nombreux historiens et commentateurs de l’époque, à commencer par les Juifs, et personne n’a rien écrit sur lui ou son ministère. Nous n’avons pas toutes les sources de l’époque et il est possible que les textes qui auraient parlé de lui n’aient pas été conservés. Sauf que c’est très improbable puisque justement ceux sont les chrétiens de l’antiquité et du moyen-âge qui ont en grande partie décidé ce qui est arrivé jusqu’à nous, et tout ce qui évoquait de près ou de loin Jésus a été gardé. Philon d’Alexandrie, le célèbre philosophe juif qui vivait exactement à la même époque et dont la philosophie est quasi-identique sur de nombreux points à celle des premiers chrétiens, ne dit pas un mot sur lui bien qu’il suivait de près la situation à Jérusalem. Ni Philon, ni personne à l’époque. Donc si Jésus a existé, il était tellement marginal qu’il n’a laissé aucune impression à personne, ce qui contredit complètement l’histoire officielle chrétienne et nécessite d’expliquer ce qui c’est passé autant que s’il n’avait pas existé (voire plus en fait).

Il existe des historiens ultérieurs, vers la fin du premier siècle, qui évoquent Jésus d’une façon plus ou moins directe. Mais soit ils ne font que nous apprendre l’existence de chrétiens et pas de Jésus lui-même, soit il s’agit d’interpolations de scribes chrétiens rajoutées aux textes originaux, par erreur le plus souvent (des commentaires dans la marge insérés plus tard par un autre scribe dans le texte). L’exemple le plus célèbre est celui du « Testimonium Flavianum » – un paragraphe qui se trouve dans les « Antiquités juives » de Flavius Josèphe et que voici:

« En ce temps-là paraît Jésus, un homme sage, si toutefois il faut l’appeler un homme, car ; c’était un faiseur de prodiges, un maître des gens qui recevaient avec joie la vérité. Il entraîna beaucoup de Judéens et aussi beaucoup de Grecs ; Celui-là était le Christ. Et quand Pilate, sur la dénonciation des premiers parmi nous le condamna à la croix, ceux qui l’avaient aimé précédemment ne cessèrent pas. Car il leur apparut le troisième jour, vivant à nouveau ; les prophètes divins avaient dit ces choses et dix mille autres merveilles à son sujet. Jusqu’à maintenant encore, le groupe des chrétiens ainsi nommé après lui n’a pas disparu. »

Pas besoin d’être un expert pour comprendre qu’un Juif pieux comme Josèphe n’aurait jamais écrit ce texte, en fait seul un chrétien aurait pu l’écrire. Le consensus des historiens est quasi-total sur le fait que ce paragraphe n’est pas authentique mais il y a débat pour savoir si tout le paragraphe est faux ou seulement une partie. Je ne vais pas entrer dans ce débat mais il prouve à quel point les spécialistes sont parfois tellement pris dans leurs idées qu’ils ne voient plus les choses clairement. Flavius Josèphe a écrit « La Guerre des Juifs » juste après la première guerre judéo-romaine de 67-74. Dans ce livre il revient longuement et en détail sur les décennies qui ont précédé le conflit. Il évoque plusieurs pseudo-messies sauveurs (littéralement « Jesus Christ » en grec) qui ont créé des troubles – aucun n’est le Jésus des Evangiles, bien qu’un s’appelait Jésus (Yoshua) de Jérusalem et son histoire ressemble beaucoup sur certains points à celle de Jésus de Nazareth. Sauf qu’il a fait parlé de lui 30 ans après la mort supposée de ce dernier et quand le christianisme existait déjà (mais pas les Evangiles). 20 ans après, en 93, il a écrit les « Antiquités juives », et c’est là qu’on retrouve ce fameux paragraphe qui n’a aucune logique. Il évoquerait Jésus sans presque rien dire sur lui alors qu’il s’adresse à un public romain, et que ce n’est pas sa méthode, il donne toujours beaucoup de détails. Et ce paragraphe n’a pas de continuité logique avec celui qui le précède ni celui qui le suit. En fait si on l’enlève, tout est beaucoup plus clair et logique. Bref, il n’y a aucun doute que tout ce paragraphe est un faux. D’ailleurs personne n’en avait jamais entendu parlé avant le 4ème siècle, et pourtant des apologistes chrétiens connaissaient et citaient Flavius Josèphe avant, mais pas ce passage. Et malgré tout ça, il y a une (petite) majorité d’experts  aujourd’hui pour penser que ce paragraphe contient un noyau authentique. Cela incite à se demander s’ils sont sérieux.

Donc aucune source non-chrétienne n’a entendu parler de Jésus à l’époque. Ce n’est pas suffisant pour dire qu’il n’a pas existé. Ce qui fait pencher la balance c’est le fait que les premiers textes chrétiens historiques dont nous disposons (essentiellement les Epitres authentiques de Paul et quelques autres, qui datent des années 50), ne parlent pas de Jésus comme d’un être humain réel mais comme d’un personnage cosmique. Dans toutes ces lettres et malgré les interpolations ultérieures reconnues par tout le monde, aucun détail de la vie de Jésus n’est jamais donné, aucune parole prononcée – toutes les citations de Jésus viennent soit de la Septuante (la traduction grecque de la Bible hébraïque), soit de « révélations » faites directement par Jésus à Paul. Au contraire ce dernier se défend constamment de n’avoir jamais reçu la moindre tradition sur Jésus, que tout ce qu’il sait vient de révélations directes – et c’est pour ça qu’il est considéré comme un apôtre. Il explique en long et en large que tout le message de Jésus vient des textes saints (l’Ancien Testament) et des révélations reçues par les apôtres et c’est par les apôtres que les gens connaissent Jésus.

Alors qui était ce Jésus s’il n’était pas un homme réel et comment sont apparus les Evangiles qui racontent sa vie ?

C’est là que ça devient passionnant. Parce que Jésus Christ, le Sauveur Messie/Oint, était un personnage déjà connu dans le Judaïsme, ou en tout cas certains courants, des siècles avant le christianisme ! Philon en parle justement longuement. Certaines sectes juives semblaient penser, en se basant sur des textes bibliques qui évoque ça plus ou moins directement, qu’à l’origine Dieu avait créé en tout premier un être, une sorte d’Adam cosmique, par l’intermédiaire duquel il a ensuite créé le reste de la création. Cet Adam cosmique était son « fils » et a été identifié au futur sauveur (Yoshua/Jésus). En se basant encore une fois sur des textes de la Bible hébraïque dont le célèbre Isaïe 53, toute une théologie a été batie sur l’idée que cet Adam/Jésus devait descendre du 7ème ciel ou il se trouvait aux côtés de Dieu jusqu’au firmament (l’espace entre la Terre et la Lune, dont on pensait à l’époque qu’il était le royaume de Satan et des démons), de façon déguisée, prendre l’apparence d’un homme, se faire tuer par les démons et alors ressusciter dans toute sa gloire pour confondre et vaincre Satan, seul son sang parfait pouvant effacer les péchés des hommes (je résume grossièrement). Tout ce processus se passait dans le cosmos ou les sphères spirituelles, pas sur Terre. Le christianisme serait donc né de la conjonction de ces idées avec des concepts hellénistiques et a pris la forme d’une religion à mystère dont l’objectif principal était de remplacer le culte du Temple par celui intime de Jésus. Paul voulait aller plus loin en abolissant le respect des lois de la Torah, ce à quoi s’opposait Pierre – le probable fondateur de la secte.

Notons que cet Adam cosmique n’a pas disparu du Judaïsme puisqu’il semble correspondre au personnage talmudique et kabbalistique de Metatron.

Après la destruction du Temple – probablement vu par les chrétiens comme la confirmation de leurs croyances -, un auteur de la tendance paulienne a écrit le premier Evangile « selon Marc ». Il est la base de tous les autres évangiles qui le copient (parfois mot à mot), le réécrivent, le critiquent, mais ne viennent pas d’une autre source (il existe une théorie d’une source appelée Q mais elle n’apparait plus vraiment crédible aujourd’hui et de toute façon ce Q aussi se serait basé sur Marc). Cet évangile selon Marc a été écrit comme une sorte de séries de midrashim faits pour présenter les thèses chrétiennes et mélés à d’autres inspirations, en particulier la vie de Socrate et les récits d’Homère. Comme les midrashim, il s’agit de récits imaginaires et allégoriques. Il n’y a là aucun souvenir, aucun témoignage réel, aucune tradition transmise oralement et l’analyse du texte peut le prouver facilement.

Les autres évangiles sont des réponses à Marc d’abord, puis à Matthieu (qui est pro-Pierre et pro-Torah) etc… chacun réécrivant l’histoire en fonction de sa vision théologique, pas en fonction de ce qui ce serait réellement passé.

La clé de la compréhension du passage d’un Jésus cosmique à un Jésus historique est liée à la disparition de tous les fondateurs et la première génération chrétienne, probablement dans les années 60. Des années 60 à 80-90, nous n’avons aucun texte chrétien. Ce trou générationnel, couplé au fait que le christianisme était une religion à mystère, dont les secrets n’étaient connus que d’un nombre réduit parmi les fidèles (qui n’étaient pas nombreux à la base) explique comment les chrétiens de la fin du siècle se sont mis à croire à l’existence réelle de Jésus (pas tous d’ailleurs, loin de là).

Un autre point avant de passer aux arguments de ceux qui pensent que Jésus a réellement existé: la secte chrétienne originale, celle qui suivait la Torah, a continué à survivre pendant quelques siècles avant de disparaitre. Nous savons indirectement – l’église a éliminé systématiquement les écrits de toutes les sectes dissidentes – que ces continuateurs du christianisme originel avaient eux aussi fini par croire en un Jésus historique – mais ils le faisaient vivre un siècle plus tôt, à l’époque Hasmonéenne. Ce qui correspond exactement à certains écrits sur Yeshu dans le Talmud – soit il s’agit du véritable Jésus originel conservé dans la tradition juive aussi, soit les rabbins ne connaissaient que la secte chrétienne originale et sa version de Jésus et ont proposé leur propre explication de son histoire.

Que répondent les partisans de la thèse de l’existence de Jésus ?

Après tout si la quasi-totalité des historiens et chercheurs pensent que Jésus a existé ils doivent s’appuyer sur des arguments solides, non ?

Le premier argument est justement que « la quasi-totalité des historiens et chercheurs pensent que Jésus a existé », donc toute personne qui pense le contraire est un illuminé ou un inculte. C’est l’argument d’autorité par excellence et il n’a aucune logique. Mais il sert à éviter le débat. Ce que je peux comprendre, après tout les partisans de théories complètement folles comme les « 9/11 truthers » (ceux qui pensent que c’est le gouvernement américain qui est responsable du 11 septembre) ont toujours des arguments qui en surface semblent convaincants bien qu’ils soient en fait absolument stupides. Cependant je ne pense pas que cela soit le cas ici. En fait, il semble tout simplement que les historiens ne se soient pas posés la question et que jusqu’à récemment aucun n’a cherché à peser les évidences sérieusement. L’argument d’autorité est donc avant tout un argument d’esprit de mouton. Il faut donc de meilleures réponses.

Le deuxième argument le plus utilisé est que « si Jésus n’avait pas existé, les adversaires polémiques juifs et païens des chrétiens auraient été les premiers à l’affirmer ». Là encore, ça n’a pas grande logique. Avant la fin du premier siècle, personne ne faisait vraiment attention aux chrétiens. Les polémiques anti-chrétiennes commencent vraiment au second siècle, des dizaines d’années voire un siècle après la mort supposée de Jésus. Personne à ce moment là n’avait ni les moyens ni d’ailleurs de raisons de douter de son existence. Et pourtant certains l’ont apparemment fait (y compris des chrétiens).

Le troisième argument le plus classique est celui du « ridicule » de Jésus. Un messie inventé n’aurait pas été aussi faible et facilement vaincu. Mais nous avons vu au contraire que toute la théologie chrétienne reposait sur l’idée de la mort et de la résurrection du Messie. Il devait être humilié et tué pour expier nos fautes.

Le quatrième argument affirme que les différences entre les Evangiles prouvent qu’ils proviennent de témoins différents, tandis qu’une source unique et inventée aurait au contraire produit des textes identiques. Mais nous avons vu que les différences sont le résultat de débats théologiques, pas de témoignages variants.

Le cinquième argument accepte que les Evangiles ne rapportent pas la réalité historique mais ils contiendraient quand même un noyau de faits historiques enfouis sous les inventions et les embellissements. C’est une possibilité, mais rien de plus, personne n’a réussi à établir avec certitude le moindre de ces faits.

Le sixième argument est que « si Jésus n’a pas existé, alors d’où vient le christianisme ? » – et j’ai présenté ici une thèse, absolument pas certaine mais possible, qui répond à cette question. Cela signifie qu’en se basant sur les éléments réels dont nous disposons il est possible de reconstruire des scénarios crédibles et qui correspondent aux faits, qui voient l’apparition de la religion chrétienne sans que Jésus existe réellement.

Enfin le dernier argument repose sur les propos de Paul. Pris littéralement dans certains passages, il semble que Paul sous-entende que Jésus avait un frère (Jacques), et il évoque son père et sa mère (sans donner de noms). Mais tous ces passages sont interprétables de manière allégorique et correspondent en fait assez bien à la théologie du Jésus cosmique. Le fait est que Paul ne donne aucun détail de la vie terrestre de Jésus, ne cite jamais le moindre propos qu’il a tenu ni la moindre action qu’il a fait lors de son ministère, n’évoque aucun évènement de sa vie en dehors de sa crucifixion. Il ne dit même pas qu’il est né, mais qu’il a été créé, comme Adam.

Aussi, pour le moment et en l’absence d’arguments plus convaincants, je dois avouer que la thèse mythiciste me semble plus pertinente. Cependant ce n’est pas une certitude. Beaucoup repose sur des conjectures et des interprétations. Les textes dont nous disposons aujourd’hui ont été modifiés, réécrits, transformés pendant des siècles et ne représentent qu’un petit pourcentage de ce qui existait à l’époque. Il se peut que l’archéologie fasse de nouvelles découvertes qui changent toute la donne. C’est ce qui est arrivé dans le passé pour d’autres figures bibliques que certains croyaient imaginaires comme David ou les Hittites. Je reste donc prudent.