Economie

Pourquoi les Olim de France doivent entrer en politique

En octobre dernier, l’ancien ministre Dani Danon, un des piliers de l’aile dure du Likoud, a pris ses fonctions au poste prestigieux d’ambassadeur d’Israel à l’ONU. A priori un choix étonnant: Danon n’est pas un diplomate professionnel, il ne brille pas par sa qualités oratoires en anglais ni par un charisme débordant. Il est surtout connu pour ses positions politiques et son opposition à la création d’un Etat palestinien.

Tout le monde s’interroge: faut-il y voir le signe d’un durcissement de la politique israélienne ? Un message envoyé à Obama et à la communauté internationale ?

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Le Suicide français de Zemmour

J’ai fini par lire le fameux livre d’Eric Zemmour. On m’avait promis un pavé illisible, c’était au contraire un livre qui se lit facilement et rapidement. J’ai déjà expliqué ce que je pensais de l’auteur dans un article précédent. Le livre ne révèle pas de surprises quand à la pensée de l’auteur si ce n’est qu’elle est systématisée et appliquée à tous les évènements des 40 dernières années. Systématisée mais pas forcément complètement cohérente.

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Toute la vérité sur la pauvreté en Israel

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Article paru sur Times of Israel en français

Ces derniers jours, le sujet de la pauvreté est au coeur d’une campagne médiatique lancée par le journal Yedioth Aharonoth et son site Ynet contre Netanyahu.

L’objectif est de dépeindre Israel comme un endroit sombre, où tout s’effondre, un pays du tiers-monde où les gens meurent de faim, et tout ceci évidemment à cause de Bibi.

Dans le cadre de cette campagne, les médias ont mis en avant le « rapport alternatif sur la pauvreté » de l’organisation caritative Latet, un rapport qui affirme que l’étendue de la pauvreté dépasse largement ce qui est énoncé dans le rapport officiel de la sécurité sociale, et toucherait 2,5 millions de personnes soit près d’un tiers de la population.

Le rapport de Latet est une mauvaise plaisanterie qui ne mérite même pas qu’on s’arrête dessus. Mais en vérité, le rapport de la sécurité sociale est aussi très problématique.

Le but de cet article est de montrer que l’indicateur de pauvreté de la sécurité sociale ne mesure pas la pauvreté, que son rapport avec la pauvreté est anecdotique, et que le fait de le monter en épingle comme l’indicateur suprême de la pauvreté empêche une confrontation sérieuse avec le problème de la pauvreté réelle.

Je souhaite souligner dès à présent que cet article ne cherche pas à dire qu’il n’y a pas de pauvreté en Israel, ni que tout est parfait, mais simplement que l’instrument de mesure de la pauvreté est erroné et qu’il est impossible de mener une politique efficace si on ne sait pas évaluer le phénomène.

Voici donc quelques réflexions:

Le plus important à comprendre, c’est que le « taux de pauvreté » ne mesure pas la pauvreté réelle, mais ce qu’on appelle la « pauvreté relative ».

De quoi s’agit-il ? Disons que vous vivez dans un pays où tout le monde est milliardaire mais vous êtes millionnaire – alors vous êtes « pauvre ». Inversement, si vous vivez dans un pays sous-développé où règne la famine, et que vous aussi vous mourrez de faim comme tout le monde, vous n’êtes pas pauvre selon les critères de la pauvreté relative. C’est l’essence même de cet indicateur.

C’est la raison pour laquelle la pauvreté en Israel est parait-il aussi élevée ou presque que celle du Mexique, alors que toute personne ayant visité ce pays se rend compte qu’il n’y a aucune ressemblance entre la pauvreté abjecte qui y existe et la réalité israélienne.

Comprenez ce que cela signifie concrètement: si demain le pays connaissait un soudain boum économique et que les revenus réels de la population augmentaient de façon égale pour tout le monde de 5% par an, un taux très élevé, et après quelques années tout le monde sentirait une amélioration significative de son niveau de vie, le taux de pauvreté resterait inchangé.

Car cette pauvreté est relative et si tout le monde s’enrichit, la ligne sous laquelle on est pauvre augmente de la même proportion. De même, en cas de crise économique profonde, si les revenus de chacun s’effondraient d’un même pourcentage, le taux de pauvreté resterait identique. C’est la raison pour laquelle le taux de pauvreté peut augmenter en période de forte croissance alors que la pauvreté réelle disparait, ou au contraire il peut baisser en temps de crise alors que dans les faits la pauvreté augmente. Parce que le taux de pauvreté n’a aucun rapport avec la pauvreté.

Mais alors comment est fixé ce taux de pauvreté ? On prend le revenu médian (le revenu qui délimite le revenu des 50% les plus riches des 50% les plus pauvres) et on détermine que celui qui gagne moins de la moitié de celui-ci est pauvre. Pourquoi la moitié ? Pourquoi pas. L’Union Européenne a décidé il y a quelques années que plutôt que 50% du revenu médian, la ligne serait fixée à 60%.

Cela a provoqué immédiatement une explosion artificielle du taux de pauvreté et soudain sont apparus des titres dans les médias sur l’augmentation inquiétante de la pauvreté et les mesures qu’il fallait absolument prendre pour enrayer le phénomène. Il s’agissait d’une décision purement politique et idéologique. Car pour faire baisser le taux de pauvreté, il existe une boite à outil spéciale qui correspond très exactement aux présupposés de la gauche économique (j’y reviendrai).

Le revenu médian en Israel en 2013 était de 6,600 shekels selon le Bureau des Statistiques, faut-il en conclure que toute personne qui gagne moins de 3,300 shekels serait pauvre ? C’est un peu plus compliqué.

On ne peut pas compter un célibataire comme un couple marié, sans parler des enfants, aussi a-t-on inventé le concept de « personne standard » (l’INSEE parle d' »unités de consommation »). Il s’agit d’une création statistique qui permet de calculer le taux de pauvreté mais ce ne sont pas des être humains.

Il est essentiel de saisir ce point – les pauvres comptés dans les statistiques ne sont pas des êtres humains mais des entités statistiques abstraites qui sont ensuite « converties » en êtres humains. Selon les calculs de la sécurité sociale, le revenu médian par « personne standard » était de 4,800 shekels en 2013 et donc une personne standard devenait pauvre si elle gagnait moins de 2,400 shekels par mois.

La sécurité sociale a décidé que le coût de la vie d’un célibataire était plus élevé que celui d’une personne vivant en couple et que donc le célibataire se verrait doté d’un coefficient de 1,25 personne standard, et ainsi devra gagner au moins 3,000 shekels pour ne pas être défini comme pauvre. Pourquoi 1,25 et pas 1,2 ou 1,3 ou 1,09878 ? Parce que. Inversement, les enfants « valent » moins et reçoivent des coefficients compris entre 0,4 et 0,65 suivant leur place d’arrivée dans la famille. Un couple avec deux enfants « vaut » donc 3,2 personnes standards et a besoin de 7,680 shekels pour ne pas être pauvre.

Mais c’est une décision purement israélienne. Ainsi par exemple l’INSEE a décrété que le coefficient pour les enfants serait de 0,3. En appliquant à Israel les méthodes de l’INSEE, la même famille ne vaut plus que 2,6 personnes standard et n’a plus besoin que de 6,240 shekels pour ne plus être pauvre. Dans la mesure où la masse de la pauvreté en Israel est concentrée dans les populations à forte natalité, cela fait une grosse différence.

L’OCDE propose son propre calcul avec une méthodologie unifiée pour tous les pays membres. Selon ses données, le taux de pauvreté en Israel est plus élevé que la moyenne mais plus bas que ce que donne la sécurité sociale (18% selon l’OCDE contre 22% selon la sécurité sociale), la principale différence concernant la pauvreté des enfants passant de 31% à 23%. Les mêmes données de base donnent des résultats significativement différents, alors qui a raison, la sécurité sociale israélienne ou l’OCDE ? Aucun des deux, ces chiffres sont ridicules dans la même mesure.

Un autre exemple de la structure particulière de ce taux de pauvreté est qu’il n’a aucune corrélation avec la situation de l’économie. En 2013 selon l’INSEE, les revenus moyens ont baissé de 1% en France. Dans le même temps, le taux de pauvreté a *aussi* baissé passant de 14,3% à 13,9%. La situation a empiré et le taux de pauvreté s’est amélioré. Parce que le taux de pauvreté n’a aucun rapport avec la pauvreté.

Au passage, le taux de pauvreté publié est le taux « net », c’est-à-dire après impôts et redistribution. Le taux « brut » israélien est en fait un des plus bas du monde développé, notamment plus bas qu’en France (28% contre 33%). La différence dans le résultat final est du à des politiques dont le but est spécifiquement de faire baisser les chiffres, quelque soit le résultat sur le terrain.

Cela signifie que pour améliorer un indicateur statistique sans véritable signification on a sacrifié l’efficacité économique, la production, l’emploi, et les revenus, et on a en fait augmenté la vraie pauvreté.

Le taux de pauvreté de la France selon l’OCDE n’est que de 8% contre 18% pour Israel. Et pourtant la France compte plus de 140,000 SDF contre à peine 3,000 en Israel (ce qui ferait 24,000 en France à population équivalente), un chômage officiel de plus de 10% (et qui n’inclut pas les centaines de milliers de faux emplois subventionnés par le gouvernement), une croissance nulle, des jeunes éduqués qui fuient le pays, et un avenir sombre. Parce qu’il n’y a aucun rapport entre le taux de pauvreté et la pauvreté.

De plus, il faut aussi noter que cet indicateur est basé sur les revenus déclarés, pas sur les revenus réels, ce qui donc n’inclut pas les revenus au noir par exemple.

Le taux de pauvreté ne s’intéresse d’ailleurs qu’aux revenus, pas au patrimoine, au capital, ou à l’aide des parents. Un étudiant fils de riche entièrement financé par ses parents est « pauvre » selon l’indicateur de pauvreté puisqu’il n’a aucun revenu. Celui qui a accumulé les millions et vit grâce à eux est tout aussi « pauvre ».

Mais qu’est-ce que ça change finalement et pourquoi c’est un problème ? Parce que si le « taux de pauvreté » est perçu comme identique à la pauvreté, alors l’objectif de la politique publique devient de baisser ce taux plutôt que de baisser la pauvreté réelle. Or il est très facile de baisser le taux de pauvreté – il suffit d’augmenter les allocations sociales et les impôts.

De façon absolument incroyable, c’est exactement ce que souhaite la sécurité sociale (puisque c’est elle qui distribue les allocations). C’est aussi en parfaite adéquation avec les idées de la gauche économique qui croit que si seulement on dépensait plus d’argent public et on réduisait les « inégalités », tout deviendrait paradisiaque, tout le monde serait heureux, et les licornes danseraient dans les nuages ou quelque chose comme ça. Ce qui signifie que le « taux de pauvreté » est juste un instrument idéologique.

Or l’application d’une telle politique ne ferait que causer d’immenses dégâts à l’économie et à la société et ferait s’accroitre la pauvreté réelle, exactement comme en France. Une telle politique ne provoquerait qu’un ralentissement de la croissance, moins d’emploi et plus de chômage, plus de dette, la fuite des gens productifs vers l’étranger, etc…

Le meilleure moyen de combattre la pauvreté, c’est de ne pas combattre la pauvreté. Il est possible de créer un meilleur indicateur, plus précis, basé sur des critères de pauvreté objective, comme par exemple un panier de produits basiques. Mais à mon avis la façon la plus efficace de réduire la pauvreté est de ne pas chercher à la combattre en particulier mais d’établir une société généralement plus riche, libre et prospère.

Plus de concurrence qui permet la baisse des prix, plus de productivité qui augmente les salaires, plus d’emploi – voilà les meilleurs moyens de baisser le niveau de la pauvreté réelle, ceci en commun avec une amélioration de l’éducation et de la formation.

Bien sûr, il existe des populations spécifiques qu’il faut aider comme les handicapés ou les personnes âgées. Il faut établir un système de protection sociale minimum qui assure les besoins basiques et fait en sorte que chacun ait de quoi manger, se vêtir, un toit où dormir, une éducation et la santé. Mais rien de plus.

Surprise, les inégalités en Israël se réduisent

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Article publié sur Time of Israel en français

Les statistiques sur les inégalités sociales en Israel sortent régulièrement et font état d’une situation apparemment difficile. Le taux de pauvreté y serait le plus élevé de l’OCDE, et on en ressort avec l’impression que les écarts entre les riches et les pauvres ne cessent de s’accroitre.

La réalité est un peu différente. En fait depuis 2006, et surtout depuis 2009 les inégalités sociales telles que mesurées par l’indice Gini sont en régression. Dans l’absolu, les inégalités sociales ne sont pas un problème, au contraire.

Une société dans laquelle tout le monde reçoit la même chose, le compétent comme l’incompétent, celui qui travaille dur comme le paresseux, est une société fondamentalement injuste. Néanmoins, à l’inverse, des inégalités extrêmes, lorsqu’une petite minorité capte la majorité des ressources très au delà de ce qu’elle mérite, sont un symptôme d’une société malade et propice à la violence. Il faut donc éviter d’arriver à une telle situation.

L’indice Gini est une mesure de la dispersion des revenus au sein de la population. Il est généralement donné sous la forme d’un chiffre compris entre 0 et 1, quand 1 signifie que toutes les revenus sont concentrés dans les mains d’une seule personne – et donc les inégalités sont les plus extrêmes imaginables – et 0 – une répartition totalement égalitaire.

La plupart des pays occidentaux ont un indice Gini inférieur à 0,4, et les plus « égalitaires », les pays scandinaves, sont sous 0,3. Israël a connu une hausse sensible de son indice Gini de 2000 à 2006, passant de 0,35 à 0,39 et après avoir stagné quelques années il est en baisse continue depuis 2009 et atteignait 0,36 en 2013 d’après le bureau des statistiques israélien.

Cet indice a, comme toutes les statistiques et en particulier celles relatives aux écarts sociaux, de nombreuses limitations et peut parfois donner des résultats statistiques contraires à la réalité sur le terrain comme je l’avais expliqué précédemment avec le taux de « pauvreté » (qui ne mesure pas la pauvreté).

Cependant, ici, cette tendance est confirmée par d’autres données comme par exemple le fait que la part du revenu des 10 % les plus riches a baissé de 2006 à 2013 de 25 % à 23 % du revenu national.

Plus intéressantes que les revenus, les données sur les dépenses des israéliens sont pleines d’enseignements car elles reflètent le niveau de vie réel.

On constate un écart important entre les dépenses et les revenus des populations les moins riches mais cela s’explique assez facilement: soit par des revenus non-déclarés (« au noir »), un phénomène malheureusement très courant dans les secteurs arabe et ultra-orthodoxe, soit tout simplement parce que les pauvres en question ne le sont pas.

Ainsi, un étudiant qui vit aux frais de ses parents et n’a aucun revenu est considéré comme « pauvre » selon les statistiques, tandis qu’un autre, issu d’une famille aux faibles moyens et qui travaille pour financer ses études ne sera pas classé comme pauvre si ses revenus sont suffisamment élevés.

De même, les gens qui vivent de leur épargne (en puisant directement dedans), même si ils ont des millions, sont considérés sans revenus et donc « pauvres ».

Les vrais pauvres ne peuvent pas dépenser plus qu’ils ne gagnent puisqu’aucune banque ne leur accordera de crédit.

Aussi c’est par les dépenses que nous pouvons analyser l’évolution du niveau de vie des israéliens. On constate que celui-ci a nettement augmenté depuis 10 ans.

Par exemple, en 2002 seuls 57 % des ménages disposaient d’au moins une voiture, contre 67 % en 2013, et ceux qui en ont au moins deux de 14 % à 22 % ; dans le même temps, le nombre d’abonnés à internet est passé de 25 % à 71 % ; les ménages ayant au moins un ordinateur de 54 % à 81 % et ceux qui possèdent une tablette de type iPad ou autre étaient déjà 26 % en 2013 ; les possesseurs d’air conditionnée de 58 % à 87 % etc…

La réalité est donc que contrairement aux discours alarmistes et démagogiques de certains, les conditions de vie se sont nettement améliorées depuis 10 ans pour tous les israéliens et tous ont profité de la croissance.

Il y a encore beaucoup de travail. Depuis 2008, les prix ont augmenté de façon excessive, en particulier dans l’immobilier et l’alimentation, limitant la hausse du niveau de vie qui aurait du être possible. Mais quand il y a de bonnes nouvelles, il faut aussi les mettre en avant.

Pourquoi je n’aime pas Eric Zemmour

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Article paru sur The Times of Israel en français

Je suis la carrière d’Eric Zemmour depuis le milieu des années 1990, bien avant qu’il ne devienne célèbre comme chroniqueur chez Ruquier le samedi soir, quand il n’était encore que journaliste politique au Figaro.

J’aimais dès le départ son ton impertinent, iconoclaste, provocateur qui a fait sa célébrité à la télévision.

Sur le plateau de l’émission « On n’est pas couché », il a dynamité le politiquement correct, et osé dire ouvertement ce que lui et des millions de Français pensaient mais n’avaient pas le droit de dire en public sous peine d’opprobre.

Zemmour, un homme très cultivé, relativement intelligent et au style plutôt brillant à l’écrit, a été haï, critiqué, adulé, honni, insulté, mais il n’a jamais eu peur d’exprimer par la parole ou par l’écrit ce qu’il pensait.

En ce sens, Zemmour a été un formidable libérateur de parole dans une France sclérosée entièrement soumise au politiquement correct et à la pensée unique, où sortir de la norme admise vous vouait aux pires gémonies.

Et pourtant, je n’aime pas Zemmour. D’abord parce que c’est un idéologue enfermé dans ses propres contradictions et incapable de saisir la complexité du monde.

Comme Zemmour je pense que les idéologies sont importantes, elles offrent une vision simplifiée du monde et lui donnent sens. Mais contrairement à lui, j’en comprends les limites.

Zemmour perçoit l’entièreté de la réalité à travers son prisme idéologique, il analyse tout selon une grille prédéterminée et manichéiste, croyant que chacun de nos gestes est l’expression d’un discours politique et sociétal, comme d’autres voient des phallus partout. C’est une vision totalitaire de la société. Et cela le conduit à se ridiculiser et s’embrouiller dans des explications ridicules.

Ainsi quand il veut décider de résultats sportifs selon la politique migratoire et identitaire d’un pays comme ça lui est arrivé durant la dernière coupe du monde : non seulement il se risque à avancer des arguments que les nazis n’auraient pas renié – bien qu’il ne soit ni raciste ni nazi, mais il est souvent à la limite -, mais lorsque ses théories s’effondrent devant la réalité, il refuse de l’accepter parce que concéder une erreur marginale, pour lui, revient à admettre sa défaite sur l’ensemble de sa vision.

Tout est idéologique, tout est lié, tout est combat et cela le conduit parfois à adopter les thèses les plus folles et les plus extrêmes, parfois juste pour dire le contraire de la « doxa médiatique ». Ce n’est pas juste une posture et un jeu, il finit par croire les imbécilités qu’il raconte.

Au-delà de cette approche qu’on peut qualifier de fanatique, j’ai aussi un problème avec les positions de Zemmour sur de nombreux sujets. Certes, comme beaucoup de gens, je peux être d’accord sur le fond avec beaucoup de choses qu’il avance si on en retire les excès du polémiste.

Mais les désaccords restent profonds: Zemmour est un anti-libéral hystérique, qui ne comprend strictement rien à l’économie et ne veut rien y comprendre puisque pour lui tout est soumis à l’idéologie, et donc l’économie aussi.

Je ne parlerai pas de ses positions grand-guignolesques sur les femmes, elles se suffisent à elles-mêmes. Son obsession de la puissance française m’est incompréhensible mais elle est légitime.

Zemmour aurait voulu naitre à une autre époque, et il aurait surtout voulu naitre sous une autre peau, être un bon français catholique et blond, et pas un Juif séfarade.

Son lien à son identité juive, avec lesquels ses liens sont plus qu’ambigus, son hostilité affichée au sionisme et à Israël, achèvent de rendre le personnage peu ragoutant.

Il serait temps que tous ceux qui l’adorent dans la communauté juive parce qu’il « critique les Arabes » sachent avec qui ils font alliance. Je ne suis pas certain qu’ils seraient très heureux d’apprendre ce que Zemmour pense vraiment d’eux.

En Israël, plus de gens travaillent et gagnent plus

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Article publié sur The Times of Israel en français

Le hasard faisant bien les choses, ce matin sont parues deux études, une en Israel et une en France, qui prouvent empiriquement ce que j’avançais dans un article précédent : il n’y a que peu de rapport entre la pauvreté réelle et ce qui est calculé par le taux de pauvreté relative.

Selon une étude de l’INSEE, en 2012, le taux de pauvreté a légèrement reculé par rapport à 2011 de 14,3 % à 13,9 %, mais dans le même temps, le revenu médian des français a aussi reculé de 1 %.

Les Français ont gagné moins d’argent, leur situation s’est empirée, mais la pauvreté dite « relative » a reculé. Tout le monde s’est appauvri mais comme les écarts et les inégalités se sont réduits, « relativement » la situation s’est améliorée.

En Israel le taux de pauvreté a augmenté depuis le début des années 2000 même s’il est en légère baisse depuis quelques temps.

Une autre donnée qui a été récemment publiée montrait que de 2003 à 2014 le salaire moyen réel n’avait que très peu augmenté, car la hausse des salaires n’avait été que faiblement supérieure à l’inflation.

Pourtant, d’après une étude de la banque d’Israel parue ce matin, de 2003 à 2013, les revenus réels ont augmenté de 40% pour *toutes* les couches de la population, des pauvres aux riches, de façon à peu près équivalente.

Comment expliquer un tel paradoxe ? Comment les différents chiffres pourraient-ils être tous vrais en même temps ?

Rien de mieux qu’un exemple concret pour expliquer : il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à travailler dans une petite société Internet à Tel Aviv.

Nous étions alors une trentaine, dont 7 au service marketing « extérieur » (qui s’occupait d’amener du trafic sur le site), et 10 au service marketing « interne » (le service clientèle).

Le salaire moyen dans le premier groupe était de 12,000 shekels environ et dans le second 6,000, ce qui fait que le salaire moyen dans l’ensemble du département marketing était de 8,470 shekels.

Deux ans après, la société avait énormément grandi.

Nous étions plus de 150 employés, et tout le monde gagnait beaucoup plus d’argent. Le marketing extérieur était passé à 30 employés dont le salaire moyen était de 15,000 shekels, tandis que le service clientèle comptait 100 personnes, payées 7,000 shekels par mois.

Ces salaires moyens comprenaient donc aussi bien ceux des anciens qui avait explosé, que ceux des nouveaux, qui naturellement commençaient plus bas.

Or, le salaire moyen était d’environ 8,850 shekels par mois, une hausse d’à peine 4,5 % alors que les salaires avaient fortement augmenté pour tout le monde.

C’est tout simplement parce que la part relative des employés du service clientèle, moins bien payés, avait augmenté encore plus vite que la hausse de leur salaire. C’est le miracle des statistiques.

C’est exactement ce qui s’est passé en Israel depuis 10 ans. Le taux d’emploi qui n’était que de 54 % des plus de 15 ans en 2003, un des taux les plus bas de l’OCDE, atteint maintenant 64 %, ce qui est au-dessus de la moyenne de l’organisation.

Des centaines de milliers d’Israéliens qui ne travaillaient pas, surtout des gens issus des secteurs les plus défavorisés d’Israel, sont arrivés sur le marché du travail.

Etant peu qualifiés, leurs revenus se situent surtout dans le bas de l’échelle, au moins au début, et ainsi la moyenne générale des salaires a stagné tandis que les salaires réels ont sensiblement augmenté pour ceux qui étaient déjà sur le marché.

Pour les nouveaux arrivés sur le marché du travail, ces revenus, même plus faibles que le moyenne, sont aussi une immense amélioration par rapport à leur situation antérieure.

C’est pourquoi les salaires réels n’ont apparemment pas bougé depuis 10 ans tandis qu’en même temps la situation générale de la population a connu une embellie significative. .

Evidemment il reste beaucoup de travail à faire. Les prix de l’immobilier, de la nourriture, et de tous les secteurs qui ne sont pas ouverts sur la concurrence sont ceux qui ont le plus augmenté depuis une décennie.

On paie aujourd’hui beaucoup moins cher ses meubles, appareils électro-ménagers, ordinateurs, ou vêtements qu’il y a 10 ans, mais quand votre loyer que vous payez chaque mois a augmenté de 40 % sur la même période, vous sentez d’abord la baisse de votre pouvoir d’achat.

Le combat pour la hausse du niveau de vie doit donc se focaliser sur l’ouverture à la concurrence de tous les secteurs fermés et protégés du marché.

A-t-on le droit de discriminer les handicapés, les religieux et les homosexuels ?

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Article paru dans The Times of Israel français

La Knesset vient de voter une loi imposant aux entreprises de plus de 100 employés – pour le moment – de réserver au moins 3% des postes à des handicapés. A priori, on ne peut que se féliciter d’une telle décision qui aidera à l’intégration d’une catégorie de population particulièrement vulnérable. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions et cette loi est un parfait exemple.

Cette loi va seulement forcer les entreprises à frauder, en créant de faux emplois bidons sous payés ou de faux handicapés. Sans parler des gens non-handicapés qui risquent de perdre leur emploi, et de toutes les conséquences non-prévues et désastreuses qui ne manqueront pas d’arriver.

Cela illustre l’inefficacité voire la nuisance des lois anti-discriminations ou de type « affirmative action ».

Il y a une dizaine d’année je travaillais comme directeur du marketing dans une société internet israélienne en pleine expansion. Nous recrutions beaucoup, en particulier dans le service clientèle, dans toutes les langues. J’avais recommandé un ami pour le département francophone, il était parfait pour le travail. Mais il était shomer shabbat. Or, le travail nécessitait de travailler le samedi, notre clientèle étant internationale et quasi intégralement non-juive, et le secteur était ultra-concurrentiel. Les ressources humaines lui ont donc expliqué qu’elles ne pouvaient pas l’employer pour cette raison.

Problème – il est interdit en Israel de refuser d’embaucher quelqu’un parce qu’il ne veut pas travailler le shabbat. Il semble effectivement inconcevable que des Juifs ne puissent pas trouver de travail en Israel parce qu’ils sont religieux et le gouvernement a depuis très longtemps fait voter une loi qui interdit une telle discrimination. Juste et efficace, non ? Ni l’un ni l’autre.

Certes, j’ai du convaincre mon ami de ne pas attaquer la société en justice. Par la suite, les ressources humaines ayant appris la leçon ont donc inventé d’autres raisons pour refuser d’embaucher des gens qui font le shabbat. Rien de plus facile. D’ailleurs il suffit de ne donner aucunes raisons.

Mais il y a un twist à l’histoire. La société a continué à grandir et à recruter, notamment des francophones. Or, la plupart des candidats étant eux aussi religieux, les ressources humaines n’ont pas eu d’autre choix que d’en embaucher de plus en plus et à se débrouiller comme elles pouvaient pour avoir des employés le samedi.

La loi qui condamne les employeurs qui refusent d’engager des gens qui font Shabbat est donc parfaitement inutile. Inutile parce qu’elle est aisément contournable. Inutile parce qu’on ne peut pas forcer une entreprise à recruter des gens qu’elle ne veut pas. Au final, cette loi de bonne conscience ne fait qu’encourager le mépris envers la loi.

Mais il y a d’autres raisons plus profondes de s’opposer aux lois anti-discrimination. Il y a quelques jours, un propriétaire de salle de fête en Israel a été condamné par la justice pour avoir refusé de louer sa salle à un couple de lesbiennes qui souhaitaient s’y marier. La loi israélienne interdisant de de discriminer les gens suivant leurs origines ou leur orientation sexuelle, la condamnation était inévitable. Et absolument stupide.

Le racisme, les discrimination en tout genre, sont immorales et abominables. C’est indiscutable. Mais l’Etat a-t-il le droit voire la moindre légitimité à intervenir dans des domaines qui relèvent de l’éthique et des rapports sociaux ?

Pour commencer, il s’agit d’un lieu privé et chacun devrait avoir le droit de décider qui peut ou non entrer chez lui, et tout business devrait avoir le droit de choisir avec qui il souhaite faire ou pas des affaires.

Il est bon de rappeler que le droit à la propriété et la liberté de conscience sont des droits de l’homme au sens premier et réel de ces mots. Si quelqu’un, en raison de ses convictions religieuses, est gêné ou choqué par les mariages homosexuels, doit-on le forcer à subir chez lui quelque chose qui le révulse ?

Notons bien que le propriétaire ne refusait pas de servir des clients homosexuels mais de célébrer une union homosexuelle. Or, les mariages homosexuels ne sont pas reconnus par l’Etat d’Israel. L’Etat d’Israel a donc condamné un homme pour ne pas vouloir célébrer chez lui une cérémonie que l’Etat ne reconnait pas. Etonnant paradoxe.

J’ai du mal aussi à comprendre l’insistance du couple lesbien. Après tout, auriez-vous envie d’être servi par quelqu’un qui vous méprise ? Pas moi.

La solution la plus simple et la plus juste est de supprimer ces lois. D’abord parce que la liberté individuelle implique de pouvoir vivre selon ses convictions. Ensuite parce que c’est à la société de traiter ce genre de questions, pas à l’Etat. Un commerce refuse ouvertement de servir les homos, les noirs, les arabes, les religieux, ou les handicapés ? Boycottons-le, il fera faillite. C’est comme ça qu’une société saine s’autorégule.