En Israël, plus de gens travaillent et gagnent plus

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Article publié sur The Times of Israel en français

Le hasard faisant bien les choses, ce matin sont parues deux études, une en Israel et une en France, qui prouvent empiriquement ce que j’avançais dans un article précédent : il n’y a que peu de rapport entre la pauvreté réelle et ce qui est calculé par le taux de pauvreté relative.

Selon une étude de l’INSEE, en 2012, le taux de pauvreté a légèrement reculé par rapport à 2011 de 14,3 % à 13,9 %, mais dans le même temps, le revenu médian des français a aussi reculé de 1 %.

Les Français ont gagné moins d’argent, leur situation s’est empirée, mais la pauvreté dite « relative » a reculé. Tout le monde s’est appauvri mais comme les écarts et les inégalités se sont réduits, « relativement » la situation s’est améliorée.

En Israel le taux de pauvreté a augmenté depuis le début des années 2000 même s’il est en légère baisse depuis quelques temps.

Une autre donnée qui a été récemment publiée montrait que de 2003 à 2014 le salaire moyen réel n’avait que très peu augmenté, car la hausse des salaires n’avait été que faiblement supérieure à l’inflation.

Pourtant, d’après une étude de la banque d’Israel parue ce matin, de 2003 à 2013, les revenus réels ont augmenté de 40% pour *toutes* les couches de la population, des pauvres aux riches, de façon à peu près équivalente.

Comment expliquer un tel paradoxe ? Comment les différents chiffres pourraient-ils être tous vrais en même temps ?

Rien de mieux qu’un exemple concret pour expliquer : il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à travailler dans une petite société Internet à Tel Aviv.

Nous étions alors une trentaine, dont 7 au service marketing « extérieur » (qui s’occupait d’amener du trafic sur le site), et 10 au service marketing « interne » (le service clientèle).

Le salaire moyen dans le premier groupe était de 12,000 shekels environ et dans le second 6,000, ce qui fait que le salaire moyen dans l’ensemble du département marketing était de 8,470 shekels.

Deux ans après, la société avait énormément grandi.

Nous étions plus de 150 employés, et tout le monde gagnait beaucoup plus d’argent. Le marketing extérieur était passé à 30 employés dont le salaire moyen était de 15,000 shekels, tandis que le service clientèle comptait 100 personnes, payées 7,000 shekels par mois.

Ces salaires moyens comprenaient donc aussi bien ceux des anciens qui avait explosé, que ceux des nouveaux, qui naturellement commençaient plus bas.

Or, le salaire moyen était d’environ 8,850 shekels par mois, une hausse d’à peine 4,5 % alors que les salaires avaient fortement augmenté pour tout le monde.

C’est tout simplement parce que la part relative des employés du service clientèle, moins bien payés, avait augmenté encore plus vite que la hausse de leur salaire. C’est le miracle des statistiques.

C’est exactement ce qui s’est passé en Israel depuis 10 ans. Le taux d’emploi qui n’était que de 54 % des plus de 15 ans en 2003, un des taux les plus bas de l’OCDE, atteint maintenant 64 %, ce qui est au-dessus de la moyenne de l’organisation.

Des centaines de milliers d’Israéliens qui ne travaillaient pas, surtout des gens issus des secteurs les plus défavorisés d’Israel, sont arrivés sur le marché du travail.

Etant peu qualifiés, leurs revenus se situent surtout dans le bas de l’échelle, au moins au début, et ainsi la moyenne générale des salaires a stagné tandis que les salaires réels ont sensiblement augmenté pour ceux qui étaient déjà sur le marché.

Pour les nouveaux arrivés sur le marché du travail, ces revenus, même plus faibles que le moyenne, sont aussi une immense amélioration par rapport à leur situation antérieure.

C’est pourquoi les salaires réels n’ont apparemment pas bougé depuis 10 ans tandis qu’en même temps la situation générale de la population a connu une embellie significative. .

Evidemment il reste beaucoup de travail à faire. Les prix de l’immobilier, de la nourriture, et de tous les secteurs qui ne sont pas ouverts sur la concurrence sont ceux qui ont le plus augmenté depuis une décennie.

On paie aujourd’hui beaucoup moins cher ses meubles, appareils électro-ménagers, ordinateurs, ou vêtements qu’il y a 10 ans, mais quand votre loyer que vous payez chaque mois a augmenté de 40 % sur la même période, vous sentez d’abord la baisse de votre pouvoir d’achat.

Le combat pour la hausse du niveau de vie doit donc se focaliser sur l’ouverture à la concurrence de tous les secteurs fermés et protégés du marché.

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