Réflexion sur les prix littéraires

A. B. Yehoshua a gagne le Prix Médicis étranger, Mazal Tov. Je n’ai jamais rien lu de cet auteur, je ne peux pas trop le juger et je ne parle pas de lui spécifiquement dans ce que j’écris ensuite, mais c’est l’occasion pour moi de revenir sur une question que je n’ai jamais résolu: pourquoi des écrivains illisibles ou sans intérêts gagnent des prix. Ou plutôt, qu’est-ce qu’un bon écrivain selon les élites.

Je lis beaucoup et depuis toujours. J’ai lu les classiques de la littérature français à l’école, j’ai aimé certains, détestés d’autres (Proust ou Balzac). Je lis de temps à autres, rarement, les « grands » écrivains modernes français, encore récemment Houellebecq, et un certain David Foenkinos apparemment célèbre. Mais de plus en plus rarement, je lis surtout des auteurs anglophones et de moins en moins de romans. J’ai une préférence pour la SF (au sens large), genre méprisé des intellectuels alors qu’il est surement l’un des plus ouverts et intéressants qui soit, pour l’histoire, et la politique.

Je constate juste que la plupart des oeuvres primées en France, ou simplement encensées par la presse sont des livres que je trouve absolument sans intérêt, ou médiocres, ou chiants, ou vides. Je n’ai jamais vraiment compris sur quel critère on décidait qu’untel est un grand écrivain et untel non. Apparemment, le style est en France un critère majeur alors que c’est pour moi quelque chose de largement secondaire et annexe. C’est toujours mieux de lire quelqu’un qui écrit bien, mais du moment que c’est correct, ça ne me dérange pas plus que ça. En dehors de ça, je ne sais pas comment les autres décident qu’un auteur est un grand auteur. Je lis les livres écrits par ceux que les élites culturelles ont désigné comme relevant de la plus haute stature, et je ne comprends pas. Rien. Je m’emmerde le plus souvent. Je me force à finir. Ca ne me parle pas.

Ce qui compte quand je lis un livre c’est qu’on me raconte une bonne histoire avant tout, quelque chose de surprenant, de bien construit, et d’intelligent. L’autre chose que j’attends de mes lectures c’est d’apprendre quelque chose. C’est pourquoi mon auteur préféré est Umberto Eco dont j’adore l’érudition (ses premiers livres sont les meilleurs ) ou que j’aime beaucoup l’anglais Iain Pears (3-4 excellents et fascinants romans). Il y en a d’autres. Mais comme je disais au début, je lis effectivement de moins en moins de romans, que je trouve futiles, et de plus en plus de livres politiques, scientifiques, historiques, religieux etc…

Les auteurs français m’endorment. Ils n’écrivent sur rien qui me touche. Toujours des histoires de couples, de relations, de vie de petit-bourgeois nombrilistes parisiens. Une absence totale d’imagination, de mondes nouveaux, d’ambition narrative. Que raconte Houellebecq ? Des histoires de cul sur fond de décadence finale de l’Occident. Je veux bien une fois. Mais 5 romans qui disent à peu près la même chose et de façon lourdingue, j’ai du mal à comprendre pourquoi il est considéré comme le plus grand écrivain français vivant. Il n’aime pas l’Islam, ça le rend sympathique, mais il faut quand meme plus que ça, non ?

Bref, je suis le seul a penser comme ça ? Il y en a d’autres qui ne comprennent pas ? Ou d’autres qui comprennent et pourraient expliquer ?

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